Réforme 2026 : quels changements pour la formation infirmière ?
Publié le 06/10/2026 - 10:28
Depuis septembre 2026, on ne devient plus infirmier tout à fait comme avant. Le programme des IFSI, inchangé depuis 2009, a été entièrement revu : plus d'heures de formation, plus de terrain, de nouvelles compétences comme la consultation et la prescription infirmières. Vous préparez Parcoursup ou vous envisagez une reconversion par la voie de la formation professionnelle continue ? Voici, en avant/après, ce qui change concrètement et ce que vous allez y gagner.

La réforme de la formation infirmier en bref : qui est concerné ?
La réforme repose sur deux textes publiés au Journal officiel du 25 février 2026 : le décret n° 2026-130 et l'arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d'État d'infirmier. Ils remplacent le référentiel de 2009, qui encadrait la formation depuis dix-sept ans.
Vous êtes concerné si vous entrez en IFSI à partir de septembre 2026. C'est donc le cas de tous les candidats qui passent les sélections 2027 et suivantes, via Parcoursup comme via la formation professionnelle continue (FPC).
Les étudiants déjà en formation avant cette date terminent leur cursus selon l'ancien programme. Pour les redoublements, césures ou reprises d'études, chaque situation est examinée au cas par cas.
Ce qui ne bouge pas : la formation dure toujours 3 ans, soit 6 semestres et 180 crédits ECTS. Le diplôme d'État d'infirmier reste de niveau 6 et confère le grade de licence.
Formation infirmière : l'avant/après en un coup d'œil
Le nouveau programme ajoute 420 heures de formation, renforce le terrain et fait entrer de nouvelles missions dans le cursus.
| Ce qui change | Avant (référentiel 2009) | Après (référentiel 2026) |
|---|---|---|
| Volume total | 4 200 h | 4 620 h |
| Stages | 2 100 h, 60 semaines | 2 310 h, 66 semaines |
| Cours et encadrement | 2 100 h | 1 890 h + 420 h de travail guidé en autonomie |
| Structure | 10 compétences | 13 compétences, 5 domaines (A à E) |
| Prescription infirmière | Pas une compétence du référentiel | Compétence à part entière |
| Consultation infirmière | Absente du programme | Au cœur de plusieurs compétences |
| Recherche | Travail de fin d'études | Un domaine entier : démarche scientifique, données probantes, anglais |
| Simulation | Pas de cadre dédié en stage | Jusqu'à 6 semaines de stage en simulation |
| Personnalisation | Parcours largement commun | 38 ECTS adaptés à votre projet professionnel |
| Diplôme délivré par | Préfet de région | Université |
| Accès en reconversion (FPC) | Avec ou sans bac | Bac, ou dispense à obtenir (validation des acquis) |
Ce qui change concrètement, et ce que vous y gagnez
Plus de terrain, des stages mieux encadrés
Avant : 60 semaines de stage. Après : 66 semaines, soit 2 310 heures en milieu professionnel.Les stages peuvent se faire à l'hôpital, mais aussi en cabinet libéral, en maison de santé, en milieu scolaire, chez les pompiers (SDIS) ou en milieu pénitentiaire.
Chaque stage s'organise sur 35 heures par semaine en moyenne, dont 5 heures consacrées à prendre du recul sur votre pratique. Un tuteur infirmier vous suit à chaque stage, et vous évaluez vous-même l'accueil et l'encadrement reçus.
Votre avantage : vous arrivez au diplôme avec plus d'expérience réelle et une vision plus large des lieux où exercer. Vous êtes opérationnel plus vite.
De nouvelles missions : consultation et prescription infirmières
C'est la grande nouveauté. Le référentiel intègre la consultation infirmière et une compétence entière dédiée à la prescription : produits de santé, dispositifs médicaux, examens complémentaires, renouvellement et adaptation de traitements.
Votre avantage : vous êtes formé dès le départ à un métier plus autonome et plus reconnu. Ces compétences correspondent à l'évolution de la profession portée par la loi infirmière du 27 juin 2025.
Un parcours qui s'adapte à votre projet
Le programme se divise en un socle national commun (142 ECTS) et un « cadre de consolidation » de 38 ECTS. Ce dernier inclut 10 semaines de stage et des enseignements choisis en lien avec votre projet professionnel.Votre avantage : vous pouvez commencer à vous orienter pendant la formation (urgences, pédiatrie, libéral, santé publique…) au lieu d'attendre le diplôme.
Plus de simulation pour apprendre sans stress
La simulation en santé est utilisée pendant les cours et peut représenter jusqu'à 6 semaines de stage. Ces périodes ouvrent droit aux mêmes indemnités et remboursements de transport qu'un stage classique.Votre avantage : vous vous entraînez aux gestes et aux situations d'urgence avant de les vivre auprès d'un vrai patient.
Une formation plus universitaire
Un domaine entier est désormais consacré à la démarche scientifique : savoir chercher et utiliser des données fiables, lire des publications, y compris en anglais. Le diplôme sera délivré par l'université, et non plus par le préfet de région.Votre avantage : un diplôme plus lisible, mieux reconnu, qui facilite ensuite les poursuites d'études (pratique avancée, spécialisations, master).
Des aménagements pour les profils en reconversion
Le texte prévoit des aménagements d'études pour les étudiants salariés (au moins 10 heures par semaine), les parents, les proches aidants ou les personnes en situation de handicap. Ils peuvent porter sur l'emploi du temps, les évaluations ou la durée du cursus. Certains enseignements peuvent aussi se faire à distance, hors travaux dirigés et pratiques.Votre avantage : concilier formation, vie de famille ou activité professionnelle devient plus réaliste. Si votre formation est financée par votre employeur, jusqu'à 33 semaines de stage peuvent s'y dérouler, dans un autre service que le vôtre.
Ce qui ne change pas : les indemnités de stage
Les indemnités restent fixées à 36 € par semaine en 1re année, 46 € en 2e année et 60 € en 3e année. Les frais de transport vers les lieux de stage sont pris en charge. Les étudiants rémunérés par leur employeur ne perçoivent pas ces indemnités.
Les étudiants en IFSI vont consacrer plus de temps de formation sur le terrain
Et pour entrer en IFSI, qu'est-ce qui change ?
Les deux voies d'accès sont maintenues. Les sélections sont désormais organisées par une commission d'admission commune à chaque groupement (université + IFSI d'une même région).
Vous êtes lycéen ou étudiant ? La voie Parcoursup avec les sélections
Rien ne change sur le principe : vous candidatez sur Parcoursup, sur dossier, sans concours. Il faut avoir le bac (ou être en train de le passer) et au moins 17 ans au 31 décembre de l'année d'entrée. La commission publie chaque année les critères utilisés pour examiner les candidatures de l'année précédente : une bonne source pour soigner votre dossier.
Vous êtes en reconversion ? La voie FPC avec le concours infirmier
Cette voie s'adresse aux personnes justifiant d'au moins 3 ans de cotisation à un régime de protection sociale. Elle représente au moins 25 % des places de chaque IFSI.Les épreuves de sélection restent au nombre de deux, chacune notée sur 20 :
- Un entretien de 20 minutes sur votre expérience, votre projet professionnel et votre motivation.
- Un écrit d'une heure : 30 minutes de rédaction ou de questions sur les domaines sanitaire, médico-social et social, puis 30 minutes de calculs simples (quatre opérations, conversions d'unités, petit problème).
Point d'attention pour les candidats sans bac : le nouvel arrêté fait du baccalauréat une condition d'accès, y compris par la voie FPC. Sans bac, il faut demander une dispense par validation des études, expériences professionnelles et acquis personnels, accordée par l'université. Renseignez-vous tôt auprès du groupement d'IFSI visé sur le calendrier de cette demande.

Vous êtes aide-soignant ?
La passerelle vers la 2e année reste possible : 3 ans d'expérience comme aide-soignant sur les 5 dernières années, une sélection par la voie FPC et un parcours spécifique de 3 mois validé, avec l'accord de votre employeur.► Lire notre actualité sur la passerelle Aide-Soignant > Infirmier
Comment bien se préparer avec le nouveau référentiel ?
La réforme élève le niveau d'exigence : plus d'autonomie, plus d'analyse, plus de prévention. Les jurys et les commissions attendent donc des candidats qui comprennent déjà le métier tel qu'il est en train de devenir.
Si vous passez par Parcoursup, misez sur une lettre de motivation qui montre que vous connaissez les nouvelles missions de l'infirmier (prévention, consultation, travail en équipe). Une expérience de terrain, même courte, fait la différence.
Si vous êtes en reconversion, l'écrit FPC porte désormais aussi sur le champ médico-social : révisez l'actualité sanitaire et sociale, entraînez-vous aux calculs et préparez un entretien qui relie votre parcours au métier d'infirmier.
C'est exactement l'objet de la prépa Infirmier d'EFM Santé Social : des cours à distance à votre rythme, des devoirs corrigés, des examens blancs et un entraînement à l'oral, avec un référent pédagogique qui vous suit jusqu'aux épreuves.
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FAQ : réforme de la formation infirmière
La formation infirmière dure-t-elle toujours 3 ans ?
Oui. Le nouveau référentiel conserve 3 ans de formation, soit 6 semestres et 180 crédits ECTS, pour un volume de 4 620 heures.
Qui est concerné par le nouveau référentiel ?
Tous les étudiants qui entrent en IFSI à partir de septembre 2026. Les étudiants déjà en formation terminent leur cursus selon le référentiel de 2009.
Le concours infirmier en reconversion change-t-il ?
La structure reste la même : un entretien de 20 minutes et un écrit d'une heure (rédaction et calculs). Le baccalauréat devient en revanche une condition d'accès : sans bac, il faut obtenir une dispense par validation des acquis auprès de l'université.
Peut-on entrer en IFSI sans le bac après la réforme ?
Oui, mais en demandant une dispense par validation des études, des expériences professionnelles et des acquis personnels. La décision est prise par le président de l'université, sur proposition de la commission d'admission.
Les étudiants infirmiers pourront-ils prescrire ?
Ils sont formés à la prescription pendant leurs études. La prescription fait désormais partie des compétences du diplôme : produits de santé, dispositifs médicaux et examens complémentaires dans le champ des soins infirmiers.
Les stages en licence infirmier sont-ils rémunérés ?
Les stages donnent droit à une indemnité de 36 € par semaine en 1re année, 46 € en 2e année et 60 € en 3e année, ainsi qu'à la prise en charge des frais de transport. Les étudiants rémunérés par leur employeur n'y ont pas droit.
Le mémoire de fin d'études existe-t-il encore ?
Pas sous sa forme précédente. La démarche de recherche est désormais répartie sur un domaine complet du programme, consacré à la démarche scientifique et à l'utilisation des données probantes.Sources : https://www.legifrance.gouv.fr
https://www.legifrance.gouv.fr
